Chantier Gare SGP L15

Chantiers sous tension, riverains exaspérés, entreprises sous pression, objectifs environnementaux difficiles à tenir : les projets de construction et d’aménagement concentrent aujourd’hui de nombreux points de friction. Dans un contexte de montée en puissance des exigences réglementaires, sociétales et environnementales, la promesse de chantiers à la fois apaisés, performants et durables reste encore trop souvent un objectif difficile à atteindre.

Des études au chantier, les mêmes irritants reviennent : ambitions RSE insuffisamment formalisées, exigences mal contractualisées, gouvernance floue, manque de pilotage et difficulté à mesurer les impacts réels. Ces irritants ne relèvent pas de la mauvaise volonté des acteurs, mais d’un défaut de structuration collective et d’anticipation à chaque étape du projet, impliquant aussi bien la maîtrise d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre que les entreprises.

À partir de retours d’expérience de terrain et dans le cadre d’un atelier « Gouvernance et coordination pour des chantiers apaisés et durables », setec opency et Paris&Co, ont identifié 12 irritants majeurs qui entravent la mise en œuvre de chantiers réellement apaisés et durables, avant, pendant et après les travaux. Leur analyse met en lumière un levier clé, encore trop peu mobilisé : l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage RSE, capable de sécuriser les ambitions, de structurer les exigences et d’accompagner durablement l’ensemble des parties prenantes tout au long du cycle de vie du chantier.

 

Avant chantier

CCTP setec opency AMO RSE

1.     La charte chantier faibles nuisances, une pièce marché perçue comme secondaire

Un autre irritant structurant concerne directement la manière dont les exigences environnementales et sociales sont intégrées dans les appels d’offres. Aujourd’hui, le recours à une « charte chantier faibles nuisances» constitue une limite importante : ce document est souvent perçu comme secondaire, peu contraignant et insuffisamment appropriable par les entreprises. La sémantique elle-même est en cause, le terme « charte » n’ayant pas un caractère suffisamment prescriptif. Cela pose une difficulté pour la maîtrise d’ouvrage, qui ne parvient pas à imposer ses ambitions, et pour la maîtrise d’œuvre, qui doit ensuite traduire des orientations floues en exigences opérationnelles.

 

 

2.     L’intégration insuffisante des exigences RSE chantier dans les pièces marché

Cet irritant se matérialise par une mauvaise intégration dans les pièces de marché. L’absence d’inscription de ces exigences dans le CCTP constitue un point critique : les enjeux environnementaux et sociaux ne sont pas positionnés au même niveau que les exigences techniques ou de sécurité. De même, leur intégration insuffisante dans les DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) empêche d’associer clairement des moyens et des coûts, ce qui limite leur mise en œuvre par les entreprises. Ce décalage reflète une difficulté de coordination entre la maîtrise d’ouvrage, porteuse d’ambition, et la maîtrise d’œuvre, chargée de leur traduction contractuelle.

 

3.     La difficulté à formuler des objectifs clairs, mesurables et adaptés aux spécificités du chantier

Du côté de la maîtrise d’œuvre, un point irritant central réside dans la définition des objectifs avec la maîtrise d’ouvrage. La difficulté à formuler des objectifs clairs, mesurables et adaptés aux spécificités des opérations génère un flou important. Celui-ci est renforcé par l’absence de référentiel commun (méthodes de calcul, bases de données, outils de suivi), entraînant des pratiques hétérogènes. La question de la pondération des critères ou de l’adaptation aux différentes tailles d’entreprises, notamment les PME, constitue également un facteur de complexité.

 

4.     Le manque de budgétisation des moyens à mettre en place pour relever les ambitions RSE du projet

Ce manque de structuration s’accompagne d’un irritant majeur : la budgétisation des ambitions RSE. Celle-ci reste souvent incertaine, plaçant la maîtrise d’œuvre dans une position délicate entre des objectifs ambitieux et des contraintes financières peu stabilisées. L’absence de dispositifs incitatifs clairs (bonus/malus) intégrés dès la consultation limite l’engagement des entreprises.

 

5.     L’absence de gouvernance RSE de chantier au sein du projet

Un autre point de tension concerne la gouvernance. L’absence de clarification des rôles et responsabilités dès le départ, notamment sur les enjeux RSE, génère des incompréhensions. La création d’une cellule dédiée ou d’une AMO RSE, sur le modèle du CSPS (Coordonnateur de sécurité et de protection de la santé), apparaît comme une solution mais reste encore peu généralisée.

6.     Le manque d’anticipation de raccordement aux réseaux

Le manque d’anticipation du raccordement aux réseaux met en évidence un défaut d’alignement entre le calendrier décisionnel du maître d’ouvrage et les contraintes des concessionnaires. Cette situation est accentuée par l’intégration tardive des entreprises, inhérente aux modalités d’attribution des marchés. De plus, privées d’une implication en amont, celles-ci ne peuvent pas proposer d’optimisations logistiques, de mutualisation ou de solutions innovantes. L’absence de clauses spécifiques dans les appels d’offres renforce ce frein. Au global, cela traduit une insuffisante anticipation systémique du projet, pénalisant sa performance globale.

Ainsi, les irritants en phase amont traduisent un manque d’anticipation, un défaut de contractualisation des ambitions RSE et une gouvernance encore insuffisamment structurée entre maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre et entreprises.

Pendant le chantier

setec opency entrain de piloter un chantier

 

7.     L’insuffisante implication du décideur

Un premier irritant clé est lié à la maîtrise d’ouvrage, avec la nécessité d’assurer sa présence effective sur le chantier. Une implication insuffisante fragilise le pilotage et peut entraîner des écarts entre les engagements initiaux et leur réalisation.

 

8.     Le manque d’un Coordinateur RSE

La maîtrise d’œuvre et les équipes de suivi sont confrontées à un point sensible majeur : le suivi des performances environnementales. Malgré l’existence d’outils, leur appropriation reste inégale, ce qui limite leur efficacité. Ce manque de structuration peut conduire à une perte de maîtrise des impacts. Un irritant transversal concerne la désignation d’un référent dédié. L’absence de coordinateur clairement identifié pour porter les enjeux RSE et assurer l’interface entre acteurs crée des ruptures dans le suivi et la circulation de l’information.

 

9.     Le manque de communication de chantier

Enfin, les enjeux d’acceptabilité sociale demeurent un angle mort fréquent, avec des exigences encore insuffisamment structurées en matière de communication et de gestion des nuisances. L’absence d’outils de suivi des réclamations, d’indicateurs dédiés et de dispositifs de concertation limite l’appropriation du chantier par les riverains. Dans ce contexte, ces difficultés sont accentuées côté entreprises par une diffusion de l’information encore insuffisante et inégale auprès des riverains et des commerçants. Malgré l’existence d’outils, leur appropriation hétérogène nuit à la transparence et à la qualité du service rendu, notamment dans le traitement des réclamations.

 Les irritants en phase chantier révèlent un besoin de renforcer le pilotage, de clarifier les responsabilités et d’améliorer la communication entre acteurs.

Après le chantier

setec opency AMO RSE

 

10.     L’absence d’indicateurs RSE

Un premier point critique concerne la mesure des impacts. L’absence d’indicateurs fiables rend difficile l’évaluation des résultats et limite la mise en place de dispositifs de type bonus/malus.

 

11.     L’absence de REX RSE

Un irritant structurant concerne les retours d’expérience (REX), souvent réalisés trop tard ou sans préparation. Cela réduit leur utilité et reflète un manque d’anticipation collective.

 

12.     La difficulté à estimer les coûts RSE de chantier

Du côté de la maîtrise d’œuvre, un point irritant concerne le bilan financier des actions RSE. La difficulté à objectiver les coûts réels limite la démonstration de leur valeur.

Les irritants en phase aval traduisent un déficit de structuration dans l’évaluation et la capitalisation, ainsi qu’un manque de continuité dans l’implication des acteurs.

Conclusion

Ces 12 irritants racontent, en creux, le quotidien de nombreux chantiers : si les chantiers peinent encore à être apaisés et durables, ce n’est pas par manque d’envie ou de conviction. C’est surtout parce que les bonnes intentions se heurtent, trop souvent, à des organisations complexes, à des exigences mal traduites et à un pilotage qui s’effiloche au fil des phases du projet.

Avant le chantier, les ambitions RSE peinent à se transformer en exigences claires et opérationnelles. Pendant les travaux, la réalité du terrain prend le dessus, faute de gouvernance lisible, de référent identifié et de temps dédié au suivi. Après le chantier, enfin, l’absence d’indicateurs et de retours d’expérience empêche de mesurer ce qui a réellement fonctionné… et de progresser collectivement.

Ces irritants racontent tous la même histoire : celle d’un manque de continuité et de coordination entre les acteurs, du premier cadrage jusqu’au retour d’expérience. Et c’est précisément là que l’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage RSE change la donne. En apportant méthode, clarté et accompagnement, elle permet de sécuriser les ambitions dès l’amont, de soutenir les équipes en phase chantier et de donner du sens, chiffres à l’appui, aux actions menées.

L’AMO RSE n’est pas un dispositif de plus. C’est un point d’appui pour les maîtres d’ouvrage, un facilitateur pour les maîtres d’œuvre et un cadre lisible pour les entreprises. Elle aide à faire du chantier un espace de coopération plutôt que de tension, et de la RSE un levier concret plutôt qu’un principe théorique.

Chez setec opency, cette approche s’appuie sur une conviction simple : un chantier bien préparé, bien piloté et bien évalué est un chantier qui se passe mieux, pour les équipes, pour les riverains et pour le territoire. C’est à cette condition que les chantiers pourront réellement devenir plus apaisés… et durablement plus responsables.

 


INFOS

Télécharger le guide : Chantiers durables et apaisés, solutions et retours d’expérience pour transformer les chantiers urbains https://www.parisandco.com/publications/chantiers-durables-apaises/

Quelle place donnons-nous a l’humain sur nos chantiers ? https://opency.setec.fr/quelle-place-donnons-nous-a-lhumain-sur-nos-chantiers/

L’AMO RSE par setec opency https://opency.setec.fr/amo-rse/

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